Note (retour) — JEAN ZISKA
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C'est avec cette piété et cette douceur que les taborites accomplirent en grand pour la première fois les rites de leur culte. Ils se donnèrent, en partant, rendez-vous pour la Saint-Martin suivante, mais bientôt ils furent troublés par les garnisons que Sigismond tenait toujours dans les villes et châteaux. Ceux de Tacsch, de Klattaw et de Sussicz, en approchant du lieu convenu pour une nouvelle communion, furent avertis par Coranda de prendre des armes parce qu'on leur tendait une embûche. De Knim et d'Aust, des avis furent échangés également entre les pèlerins, afin qu'ils eussent à se tenir sur leurs gardes, et ils s'envoyèrent les uns aux autres des chariots avec des gens bien armés. Mais avant que ces troupes eurent pu opérer leur jonction, elles furent attaquées par les Impériaux, ayant à leur tête Sternberg, seigneur catholique, président de la monnaie de Cuttemberg. Ceux d'Aust furent taillés en pièces; mais ceux de Knim repoussèrent Sternberg, et le forcèrent à la fuite, après quoi ils restèrent tout le jour sur le lieu du combat, enterrant les morts d'Aust et faisant dire l'office divin par leurs prêtres. De là ils se rendirent à Prague en chantant des hymnes de victoire, et ils y furent joyeusement reçus par leurs frères. À cette occasion, Ziska écrivit une fort belle lettre ceux de Tauss17, dans le district de Pilsen. Nous la rapporterons, parce que ces pièces précieuses nous font connaître les caractères historiques mieux que toutes les déclamations des écrivains. On a retrouvé celle-ci en 1541, dans la maison de ville de Prague.