Note (retour) — JEAN ZISKA
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Tout le monde sait la suite de l'histoire de Jean Huss. Après avoir subi en Bohème plusieurs persécutions, il fut cité devant le concile. «Il comparut sur la foi d'un sauf-conduit de l'empereur Sigismond13. Il n'en fut pas moins emprisonné à son arrivée à Constance, pendant qu'une commission, déléguée par le concile, examinait ses doctrines. Il fut condamné en même temps que la mémoire de son maître Wicklef. Jean Huss montra d'abord quelque hésitation; mais il reprit bientôt toute sa fermeté, ne voulant point se rétracter à moins qu'on ne lui prouvât ses erreurs par l'Écriture, appela du concile au tribunal de Jésus-Christ, et déclara qu'il aimerait mieux être brûlé mille fois14 que de scandaliser par son abjuration ceux auxquels il avait enseigné la vérité. Il fut dégradé des ordres sacrés, livré au bras séculier par le concile, et conduit au bûcher d'après l'ordre de ce même empereur qui lui avait garanti par serment la vie et la liberté. Jérôme de Prague avait été arrêté et amené prisonnier à Constance quelque temps auparavant. Il faiblit, renia Wicklef et Jean Huss, et fut absous. Quelque temps après, il fit demander au concile une audience publique, déclara qu'il avait menti à sa conscience, et qu'il croyait à la vérité des enseignements de ses maîtres; puis il marcha intrépidement au supplice. Il y eut quelque chose de plus fatal et de plus sinistre que cette double catastrophe: ce fut la théorie qu'inventa le concile pour la justifier. Un décret du concile défendit à chacun, sous peine d'être réputé fauteur d'hérésie et criminel de lèse-majesté, de blâmer l'empereur et le concile touchant la violation du sauf-conduit de Jean Huss15.»