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Jacques le fataliste et son maître

Note 63 — JACQUES LE FATALISTE (continued 5)

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Gallet, épicier à la pointe Saint-Eustache, devenu chansonnier célèbre, mourut en 1757 au Temple, lieu de franchise pour les débiteurs insolvables. Comme il y recevait chaque jour des mémoires de ses créanciers: «Me voilà, disait-il, au Temple des Mémoires.» Sa misère n'altéra ni ses goûts ni sa gaieté; il buvait cinq à six bouteilles de vin par jour, mais ce régime finit par le rendre hydropique. On lui fit plusieurs fois la ponction, et il rendit 92 pintes d'eau, ce qui lui fit dire au vicaire du Temple qui venait lui administrer l'extrême-onction: «Ah! monsieur l'abbé, vous venez me graisser les bottes; cela est inutile, car je m'en vais par eau.» À sa mort, Panard, son ami, son compagnon de promenade, de spectacle et de cabaret, rencontrant Marmontel, s'écria en pleurant: «Je l'ai perdu, je ne chanterai plus, je ne boirai plus avec lui! il est mort... Je suis seul au monde... Vous savez qu'il est mort au Temple? Je suis allé pleurer et gémir sur sa tombe. Quelle tombe! Ah! monsieur! ils me l'ont mis sous une gouttière, lui qui depuis l'âge de raison n'avait pas bu un verre d'eau.» (Br.)

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