Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.
Albert Montémont translation
«Rébecca, juive, fille d'Isaac d'York, atteinte et convaincue de sorcellerie, de séduction et autres damnables pratiques, faites contre un chevalier du très saint ordre du Temple de Sion, nie le fait, et dit que le témoignage en ce jour porté contre elle est faux, méchant et déloyal, et que par légitime essoine12, ou privilége de son corps, comme ne pouvant combattre elle-même, elle offre, par un gentilhomme, en sa place, de soutenir sa cause, et par lui faisant son loyal devoir, en toute manière chevaleresque, avec telles armes qu'à gage de bataille il appartient, et ce à ses périls et frais, pour quoi elle a jeté son gage; et le gage ayant été remis ès-mains du noble sire et chevalier Brian de Bois-Guilbert, du saint ordre du Temple de Sion, il a été désigné pour soutenir cette bataille au nom de son ordre et de lui-même, comme partie offensée et comme victime des pratiques de la réclamante. C'est pourquoi l'éminentissime père et puissant seigneur Lucas, marquis de Beaumanoir, a octroyé permission de faire ledit défi, accordé ledit essoine et privilége du corps de la réclamante, et désigné le troisième jour pour ledit combat, le lieu étant l'enclos dit la lice de Saint-Georges, près la préceptorerie de Templestowe; et le grand-maître somme la réclamante de comparaître audit lieu par son champion, sous peine de subir sa sentence comme convaincue de sorcellerie ou de séduction, et aussi somme le défendant d'y comparaître, sous peine d'être tenu pour lâche, et déclaré tel comme défaillant; et le noble seigneur et éminentissime père susnommé, ordonne que ledit combat ait lieu en sa présence, le tout suivant les us et coutumes en pareil cas établis et déterminés. Que Dieu fasse justice à la bonne cause!»