Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.
Albert Montémont translation
L'ermite ne répondit que par une grimace30; et, retournant à l'armoire où il avait pris le pâté, il en rapporta une bouteille de cuir, qui pouvait contenir environ quatre litres. Il la mit sur la table avec et, ayant ainsi fait cette provision liquide pour arroser le souper, il crut pouvoir mettre de côté toute gêne. Remplissant donc les deux coupes, il en prit une en disant en saxon: «Waes hael, à votre santé, chevalier fainéant!» et il la vida d'un trait. «Drink hael, je bois à la vôtre, ermite de Copmanhurst,» répondit le guerrier; et il lui fit raison de la même manière. «Saint personnage, ajouta le voyageur après ce premier toast, je ne saurais que m'étonner de plus en plus qu'un homme doué de qualités et de forces comme les tiennes, et qui par dessus tout se montre un excellent convive, ait songé à vivre seul dans un désert. À mon avis, vous seriez bien plutôt fait31 pour prendre d'assaut un castel ou une forteresse, en mangeant gras et buvant sec, au lieu de vous nourrir ici de légumes, et de vous abreuver d'eau claire, ou de dépendre même de la charité du garde-forestier. Du moins, si j'étais à votre place, je chasserais à mon aise les daims du roi; il en existe en abondance dans ces forêts, et on ne regretterait pas un daim tué pour le service du chapelain de saint Dunstan.»