Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.
Albert Montémont translation
L'ermite, comme si l'envie lui avait pris de répondre à la confiance de son hôte, rejeta son capuchon en arrière, et montra à son tour une tête ronde comme une boule, et qui décelait un homme encore dans le printemps de la virilité. Sa large tonsure, environnée d'un cercle de cheveux noirs et crépus, rappelait l'image d'un enclos communal entouré d'une haie d'aubépine26. Ses traits n'exprimaient rien d'une austérité monastique, ni le jeûne et les macérations d'une vie ascétique; au contraire il avait une contenance orgueilleuse et décidée, les yeux surmontés de larges sourcils noirs, le front largement dessiné, les joues rondes et vermeilles comme celles d'un trompette, avec un menton qui balançait une barbe longue, noire et touffue. Une telle figure entée sur le corps charnu de l'homme sacré, rappelait bien plus énergiquement pour subsistance habituelle l'emploi de gros reins de boeuf et de bonnes hanches de mouton, qu'une chétive nourriture de pois secs ou de légumes27. Cette disconvenance n'échappa point à la sagacité du chevalier, qui, après avoir broyé avec difficulté une bouchée de pois secs, trouva qu'il devenait indispensable de demander à l'ermite quelque boisson pour l'aider à les avaler: celui-ci répondit à sa requête en plaçant devant lui une grande cruche d'eau la plus pure de la fontaine.