Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.
Albert Montémont translation
Le chevalier haussa les épaules, et sortant de la hutte, il amena son cheval, qu'il avait attaché par la bride à un arbre; il le dessella, le pansa avec soin, et lui étendit sur le dos son propre manteau. L'ermite fut vraisemblablement touché des soins que le chevalier prenait de sa monture, car, ayant l'air de se rappeler quelques restes de fourrage laissés par le garde forestier, à sa dernière visite, il tira d'un coin de l'écurie une botte de foin qu'il plaça sous la bouche du coursier, et immédiatement après, il étendit une brassée de fougère sèche à l'endroit qu'il avait montré comme réservé au lit du cavalier. Celui-ci le remercia de sa courtoisie, et, ce devoir rempli, tous deux revinrent s'asseoir à la table, où se trouvait toujours entre eux l'assiette de pois secs. Après un long benedicite, qui avait été autrefois en latin, mais qui n'en conservait que des fragmens tronqués, à l'exception, çà et là, d'une longue et roulante finale de quelques mots ou phrases, l'ermite donna l'exemple à son hôte, en mettant modestement dans une grande bouche, garnie de deux rangées d'excellentes dents, aussi blanches et aussi aiguës que celles d'un sanglier, trois ou quatre pois secs; triste mouture, sans doute, pour un moulin si large et si puissant25!