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Ivanhoe (2/4)

Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.

Albert Montémont translation

Tandis que les courtisans, avec un sourire moqueur, suivaient ainsi l'exemple de leur prince, et qu'à l'envi l'un de l'autre ils faisaient sur Cedric pleuvoir le ridicule, la figure du Saxon s'enflammait de colère; il promenait sur eux des regards terribles, comme si la rapide succession de tant d'injures l'empêchât de répondre; il ressemblait à un taureau fougueux, qui, entouré de chiens, est embarrassé de choisir entre eux celui qu'il immolera le premier à sa vengeance. A la fin, il parla d'une voix entrecoupée par la rage, et, s'adressant au prince Jean, comme le principal auteur de l'insulte qu'il avait reçue: «Quels qu'aient été les défauts et les vices de notre race, dit-il, un Saxon eût été regardé comme nidering16 (le terme le plus énergique parmi les Saxons pour exprimer le mépris), si dans son propre château, et pendant que la coupe circulait à table, il eût traité un hôte qui ne l'avait point offensé, comme votre altesse me traite en ce moment; et quels que soient les revers dont nos ancêtres furent accablés dans les champs d'Hastings, ceux-là du moins, ajouta-t-il en regardant Front-de-Boeuf et le templier, devraient se taire, qui ont, il y a peu d'heures, tout à la fois perdu selle et étriers devant la lance d'un Saxon.»

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