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Ivanhoe (2/4)

Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ.

Albert Montémont translation

Tout à coup il parut sortir de son apathie, en voyant le chef de sa troupe si vivement pressé; et piquant des deux son bucéphale tout frais, il s'élança comme l'éclair au secours du chevalier, en s'écriant d'une voix de tonnerre: «Desdichado! À la délivrance8!» Il était temps; car, tandis que le chevalier déshérité serrait de près le templier, Front-de-Boeuf s'était approché du premier, et allait le frapper de son épée. Mais avant que le coup fût porté, le chevalier noir tomba inopinément sur lui, et Front-de-Boeuf en un moment roula avec son cheval sur la poussière. Le Noir-Fainéant se retourne alors sur Athelstane de Coningsburg; et, comme son épée s'était brisée sur l'armure de Front-de-Boeuf, il arrache des mains du lourd Saxon la hache d'armes que celui-ci brandissait, et lui en décharge sur la tête un coup si vigoureux, qu'Athelstane évanoui tombe de cheval et mord également la poussière auprès de son compagnon. Après ce double exploit, auquel on applaudit d'autant plus qu'on s'y attendait le moins, le chevalier sembla reprendre son indolence accoutumée; et retournant paisiblement à l'extrémité de l'arène il laissa son chef se mesurer de son mieux avec Brian de Bois-Guilbert. Cette lutte n'offrait plus la même difficulté qu'auparavant: le cheval du templier était grièvement blessé, et il succomba à la première charge du chevalier déshérité. Brian de Bois-Guilbert roula dans la poudre, le pied embarrassé dans l'étrier, d'où il ne put se dégager. Son adversaire descendit rapidement de cheval, et lui cria de se rendre; mais le prince Jean, plus touché de la situation périlleuse du templier qu'il ne l'avait été de son antagoniste, lui sauva le déshonneur de s'avouer vaincu, en jetant dans la lice son bâton de commandement, et en terminant ainsi un combat sur le point de finir; car, du peu de chevaliers qui restaient encore dans l'arène, la plupart, comme par un consentement tacite, avaient laissé à leurs chefs le soin d'achever eux-mêmes la lutte et de décider la victoire. Les écuyers, qui avaient jugé difficile et dangereux d'approcher de leurs maîtres pendant l'action, accoururent alors dans l'arène pour soigner les blessés, qu'ils transportèrent dans les tentes ou au quartier disposé pour eux dans le village voisin.

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