Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ. (continued 2)
Albert Montémont translation
«Quant à mon voeu, répondit le templier, notre grand-maître m'a accordé une dispense43, et la conscience d'un homme qui a tué trois cents Sarrasins n'a pas besoin de s'alarmer pour une pécadille, comme celle d'une jeune paysanne qui va se confesser le vendredi saint.»--«Tu connais mieux tes priviléges que moi, dit Maurice; mais j'aurais juré que vous étiez plus amoureux de l'argent du vieux juif que des yeux noirs de sa fille.»--«Je puis aimer l'un et l'autre, répondit le templier; d'ailleurs le juif n'est qu'un demi-butin. Je dois partager ses dépouilles avec Front-de-Boeuf, qui ne nous prête pas son château pour rien. Il me faut quelque chose qui m'appartienne exclusivement, et j'ai fixé mon choix sur l'aimable juive comme ayant à mes yeux une valeur spéciale. Mais à présent que tu connais mon dessein, ne reprendras-tu pas ton premier projet? Tu n'as rien, comme tu le vois, à redouter de mon intervention.»--«Non, répondit de Bracy, je resterai à côté de ma prise. Ce que tu dis peut être vrai; mais je n'aime pas les priviléges acquis par dispense du grand-maître, ni le mérite résultant du massacre de trois cents Sarrasins. Vous avez trop de droit à un libre pardon pour vous rendre scrupuleux sur quelques peccadilles de plus.»