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Ivanhoe (1/4)

Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ

Albert Montémont translation

Les derniers feux du jour descendaient sur une belle et verte clairière de la forêt dont il a été question au commencement de ce chapitre; des centaines de gros vieux chênes au tronc peu élevé, mais qui avaient peut-être vu la marche triomphale des armées romaines, déployaient leurs rameaux noueux et touffus sur une pelouse gracieuse; en quelques endroits, ils étaient mêlés de bouleaux, de houx, et de bois taillis de différentes espèces, dont les branches s'entrelaçaient de manière à intercepter entièrement les rayons du soleil couchant. Ailleurs, ces arbres, isolés les uns des autres, formaient de longues avenues, dans les détours desquelles la vue se plaît à s'égarer, tandis que l'imagination les considère comme des sentiers conduisant à des sites encore plus sauvages et plus solitaires. Ici les feux pourprés du jour lançaient des rayons plus ternes, qui s'inclinaient sur les rameaux brisés et sur les troncs moisis des arbres; là, ils éclairaient d'un vif éclat les clairières à travers lesquelles il leur était permis de se frayer un passage. Un grand espace ouvert au milieu d'elles semblait avoir été jadis consacré aux rites du culte des druides; car sur le sommet d'une petite colline, si régulière qu'elle paraissait l'ouvrage de l'art, se voyaient les restes d'un cercle de pierres énormes, brutes et non taillées 24. Sept demeuraient debout; les autres avaient été déplacées vraisemblablement par le zèle de quelques uns des premiers convertis au christianisme; les unes étaient peu loin du lieu où elles gisaient d'abord; d'autres étaient renversées sur le penchant de la colline; une seule des plus larges, précipitée jusqu'au bas, et suspendant le cours d'un petit ruisseau qui s'écoulait au pied de l'éminence, occasionnait par son obstacle, un doux murmure à cette onde auparavant silencieuse.

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