Note 247 — Chapter XX · (continued 2)
Reading edition
It is a common opinion that Descartes denied all life and sensibility to brutes. But this seems not so clear. Il faut remarquer, he says in a letter to More, where he has been arguing against the existence in brutes of any thinking principle, que je parle de la pensée, non de la vie, ou du sentiment; car je n’ôte la vie à aucun animal, ne la faisant consister que dans la seule chaleur du cœur. Je ne leur refuse pas même le sentiment autant qu’il dépend des organes du corps, vol. x., p. 208. In a longer passage, if he does not express himself very clearly, he admits passions in brutes, and it seems impossible that he could have ascribed passions to what has no sensation. Much of what he here says is very good. Bien que Montaigne et Charron aient dit, qu’il y a plus de différence d’homme à homme que d’homme à bête, il n’est toutefois jamais trouvé aucune bête si parfaite, qu’elle ait usé de quelque signe pour faire entendre à d’autres animaux quelque chose que n’eût point de rapport à ses passions; et il n’y a point d’homme si imparfait qu’il n’en use; en sorte que ceux qui sont sourds et muets inventent des signes particuliers par lesquels ils expriment leur pensées; ce qui me semble un très fort argument pour prouver que ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu’elles n’ont aucune pensée, et non point que les organes leur manquent. Et on ne peut dire qu’elles parlent entre elles, mais que nous ne les entendons pas; car comme les chiens et quelques autres animaux nous expriment leurs passions, ils nous exprimeroient aussi bien leurs pensées s’ils en avoient. Je sais bien que les bêtes font beaucoup de choses mieux que nous, mais je ne m’en étonne pas; car cela même sert à prouver qu’elles agissent naturellement, et par ressorts, ainsi qu’un horloge; laquelle montre bien mieux l’heure qu’il est, que notre jugement nous l’enseigne.... On peut seulement dire que, bien que les bêtes ne fassent aucune action qui nous assure qu’elles pensent, toutefois, à cause que les organes de leurs corps ne sont pas fort differens des nôtres, on peut conjecturer qu’il y a quelque pensée jointe à ces organes, ainsi que nous experimentons en nous, bien que la leur soit beaucoup moins parfaite; à quoi je n’ai rien à répondre, si non que si elles pensoient aussi que nous, elles auroient une ame immortelle aussi bien que nous; ce qui n’est pas vraisemblable, à cause qu’il n’y a point de raison pour le croire de quelques animaux, sans le croire de tous, et qu’il y en a plusieurs trop imparfaits pour pouvoir croire cela d’eux, comme sont les huitres, les éponges, &c. Vol. ix., p. 425. I do not see the meaning of une ame immortelle in the last sentence; if the words had been une ame immortelle, it would be to the purpose. More, in a letter to which this is a reply, had argued as if Descartes took brutes for insensible machines, and combats the paradox with the arguments which common sense furnishes. He would even have preferred ascribing immortality to them, as many ancient philosophers did. But surely Descartes, who did not acknowledge any proofs of the immortality of the human soul to be valid, except those founded on revelation, needed not to trouble himself much about this difficulty.