Note 78 — LIVRE II OPÉRATIONS ANALYTIQUES
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On s’est souvent demandé si tous les textes valent la peine d’être « établis » et publiés. « Parmi nos anciens textes [de la littérature française du moyen âge], dit M. J. Bédier, que convient-il de publier ? Tout. Tout ? dira-t-on. Ne chancelons-nous pas déjà sous le faix des documents ?… Voici la raison qui exige la publication intégrale. Aussi longtemps que tant de manuscrits resteront devant nous, clos et mystérieux, ils nous solliciteront comme s’ils recelaient le mot de toutes les énigmes ; ils entraveront, pour tout esprit sincère, l’essor des inductions. Il convient de les publier, ne serait-ce que pour s’en débarrasser et pour qu’il soit possible à l’avenir d’en faire table rase… » (Revue des Deux Mondes, 15 févr. 1894, p. 910.) — Tous les documents doivent être inventoriés, nous l’avons dit (p. 15), afin d’éviter que les travailleurs aient toujours à craindre d’en ignorer qui leur seraient utiles. Mais, dans tous les cas où une analyse sommaire suffit à faire connaître le contenu du document, si la forme de ce document n’a pas d’intérêt, la publication in extenso ne sert à rien. Il ne faut pas s’encombrer : tous les documents seront un jour analysés ; quantité de documents ne seront jamais publiés.