Note 63 — Part V. FROM THE FALL OF THE EMPEROR NAPOLEON, IN 1814, TO THE END OF M. DE TALLEYRAND’S ADMINISTRATION, IN SEPTEMBER, 1815.
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Page 41, du Consulat.—“A huit heures du soir le Sénat se présenta aux Tuileries, ayant en tête son président, M. de Talleyrand. Ce personnage si bien fait pour les représentations où il fallait tempérer le fermeté par une exquise politesse, s’approcha du Prince, et selon sa coutume s’appuyant sur une canne, la tête penchée sur l’épaule, lut un discours à la fois fier et adroit, dans lequel il expliquait la conduite du Sénat sans l’excuser, car elle n’avait pas besoin d’excuse.
“‘Le Sénat,’ disait-il, ‘a provoqué le retour de votre auguste maison au trône de France. Trop instruit par le présent et le passé, il désire avec la nation affermir pour jamais l’autorité royale sur une juste division des pouvoirs, et sur la liberté publique, seules garanties du bonheur et des intérêts de tous.
“‘Le Sénat, persuadé que les principes de la constitution nouvelle sont dans votre cœur, vous défère, par le décret que j’ai l’honneur de vous présenter le titre de lieutenant-général du royaume jusqu’à l’arrivée du Roi, votre auguste frère. Notre respectueuse confiance ne peut mieux honorer l’antique loyauté qui vous fut transmise par vos ancêtres.
“‘Monseigneur, le Sénat, en ces moments d’allégresse publique, obligé de rester en apparence plus calme sur la limite de ses devoirs, n’en est pas moins pénétré des sentiments universels. Votre Altesse Royale lira dans nos cœurs à travers la retenue même de notre langage.’”
M. de Talleyrand joignit à ces paroles fermes et respectueuses les protestations de dévouement qui étaient alors dans toutes les bouches; il y mit de moins la banalité et la bassesse qui se rencontraient dans presque toutes.
“Le Prince répondit par le texte de la déclaration convenue. ‘Messieurs,’ dit-il, ‘j’ai pris connaissance de l’acte constitutionnel qui rappelle au trône de France le Roi, mon auguste frère. Je n’ai point reçu de lui le pouvoir d’accepter la Constitution, mais je connais ses sentiments et ses principes, et je ne crains pas d’être désavoué en assurant en son nom qu’il en admettra les bases.’
“Après cet engagement explicite, la déclaration énumérait les bases elles-mêmes, c’est-à-dire la division des pouvoirs, le partage du gouvernement entre le Roi et les Chambres, la responsabilité des ministres, le vote de l’impôt par la nation, la liberté de la presse, la liberté individuelle, la liberté des cultes, l’inamovibilité des juges, le maintien de la dette publique, des ventes, dites nationales, de la Légion d’Honneur, des grades et dotations de l’armée, l’oubli des votes et actes antérieurs, etc. ‘J’espère ajouta le Prince, que l’énumération de ces conditions vous suffit, et comprend toutes les garanties qui peuvent assurer la liberté et le repos de la France.’”