Note 40 — Part IV. FIRST CONSULATE.
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“Quand Roger Ducos et Sieyès portaient le titre de consuls, les trois membres de la commission consulaire étaient égaux, si non de fait, du moins en droit. Cambacérès et Lebrun les ayant remplacés, M. de Talleyrand, appelé dans le même moment à succéder à M. Reinhard au ministère des relations extérieures, fut reçu en audience particulière dans le cabinet du premier consul.
“‘Citoyen Consul,’ lui dit-il, ‘vous m’avez confié le ministère des relations extérieures, et je justifierai votre confiance; mais je dois vous déclarer dès à présent que je ne veux travailler qu’avec vous. Il n’y a point là de vaine fierté de ma part; je vous parle seulement dans l’intérêt de la France. Pour qu’elle soit bien gouvernée, pour qu’il y ait unité d’action, il faut que vous soyez le premier consul, et que le premier consul ait dans sa main tout ce qui tient directement à la politique, c’est-à-dire les ministères de l’intérieur et de la police, pour les affaires du dehors; ensuite les deux grands moyens d’exécution, la guerre et la marine. Il serait donc de toute convenance que les ministres de ces cinq départements travaillassent avec vous seul. L’administration de la justice et le bon ordre dans les finances tiennent sans doute à la politique par une foule de liens: mais ces liens sont moins sacrés. Si vous me permettez de le dire, général, j’ajouterai qu’il conviendrait de donner au deuxième consul, très-habile jurisconsulte, la haute main sur la justice, et au troisième consul, également bien versé dans la connaissance des lois financières, la haute main sur les finances. Cela les occupera, les amusera; et vous, général, ayant à votre disposition les parties vitales du gouvernement, vous arriverez au noble but que vous vous proposez—la régénération de la France.’”
“Qui ne reconnaît là le premier germe de l’archichancellerie et de l’architrésorerie de l’empire?” Bourrienne, Mémoires, vol. iii., pp. 324, 325.