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Histoire poétique des Mérovingiens

Note 538 — LIVRE II Clovis et ses fils (continued 3)

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Les critiques, cette fois encore, ont été trompés par le langage de Grégoire de Tours, et se sont figuré les choses sous un jour faux. Ampère (Hist. litt. de la France avant Charlemagne, 2e édit. II, p. 281) voit ici une sorte d’ironie au fond de la narration de Grégoire, qui, d’après lui, saurait parfaitement à quoi s’en tenir sur l’auteur du meurtre de Théodoric. C’est méconnaître complètement la nature du talent de Grégoire, qui ne sait pas manier l’arme de l’ironie, et c’est ignorer l’attitude spéciale qu’il croit devoir prendre vis à vis des traditions épiques. D’après Lippert o. c. XV, p. 13, nous aurions ici la preuve que Théodoric a essayé de ne pas porter la responsabilité de son crime et l’a fait exécuter par autrui ; cf. id. p. 16. D’après Gloel o. c. p. 230 qui croit pouvoir combiner les récits de Grégoire et de Frédégaire, c’est Théodoric qui a commandé le crime et Théodebert qui l’a perpétré : et si Grégoire ne parle pas de ce dernier, c’est peut-être parce que, tout en le sachant coupable, il a obéi à la prédilection qu’il a manifestement pour ce roi. Enfin, Lorenz se persuade que si la rumeur publique est indécise à l’endroit du coupable, cela tient à ce que le crime avait été ourdi assez adroitement pour qu’on pût y voir le fait d’un hasard malheureux. (Die Thüringische Katastrophe, p. 64.) Je crois pouvoir laisser de côté la tentative de Fischer, Der Tod Hermanfrits, letzten Koenigs des Thüringischen Reiches, Culm 1863, qui veut voir dans le Tolbiacum de Grégoire le Saubach thuringien, et qui prétend retrouver dans la toponymie de cette dernière localité des souvenirs formels du roi Hermanfried. Il est réfuté à suffisance par Lippert o. c. XV, p. 8 et suivantes.

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