Note 85 — LIVRE I Les Premiers Mérovingiens
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On connaît le célèbre passage de Saxo grammaticus XIII, p. 427, auquel il est fait ici allusion : il sert à fixer la date d’une des phases les plus importantes du développement de la légende des Nibelungen. Le poète qui débite le chant en question à Canut Laward doit supposer qu’il le connaît parfaitement, puisqu’il veut éveiller sa défiance et lui apprendre indirectement le guet-apens qu’il a juré de ne pas révéler. Il est vrai que Canut, duc de Slesvig, et qui, au rapport du chroniqueur lui-même, était Saxonici et ritus et nominis amantissimus (l. 1) pouvait fort bien avoir appris ce poème dans son entourage allemand ; il est vrai encore que le poète qui le lui chante est également un Saxon. Mais l’analogie nous force à admettre a fortiori que le Danemark connaissait tous les chants de la Germanie, puisque l’Islande elle-même les connaissait depuis des siècles.
Sur la présence des chanteurs germaniques à la cour des princes danois, voir encore Saxo Grammaticus, XIV, p. 490 et 497.