Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
La maison de Mayence joue ici le même rôle que dans tous les romans épiques dont Charlemagne et Roland sont les héros. C'est toujours une haine cachée, et souvent même une guerre ouverte, entre elle et la maison de Clairmont. Après plusieurs traits particuliers de cette haine, l'auteur fait naître une rixe épouvantable, où Milon seul tient tête à tous les Mayençais795. Il en tue un grand nombre. L'empereur s'efforce inutilement de mettre le holà. Milon poursuit les restes de la bande jusque sur la place publique, en les tuant toujours. Charles le condamne à l'exil et veut qu'il parte sur-le-champ. Milon, forcé d'obéir, refuse tous ses amis dont plusieurs veulent le suivre, sort de sa maison pendant la nuit, passe auprès du palais impérial, voit un endroit très-élevé par où il peut pénétrer dans l'intérieur, y monte au péril de sa vie, parcourt ce palais dont il connaît tous les détours, arrive jusqu'à l'appartement de Berthe, la trouve en larmes, la détermine à le suivre, se charge de ce doux fardeau, fait avec des draps déchirés un câble, au moyen duquel sa courageuse amante et lui s'échappent ensemble du palais, puis de la ville; et les voilà, dit notre poëte, qui a cependant rendu avec chaleur et vérité cette fuite nocturne et périlleuse, les voilà devenus oiseaux des bois, et non plus oiseaux en cage796.