Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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Le tournoi est suivi d'un festin magnifique. Les dames y sont, dit le poëte, en face de leurs chevaliers, et jouent de l'orgue avec les pédales793, ce qui signifie dans son style fantasque que leurs pieds se touchent souvent. Berthe et Milon sont vis-à-vis l'un de l'autre: ils n'en sont pas au point d'oser employer ce langage; mais les regards ne sont pas moins éloquents, et ils tiennent sans cesse les yeux fixés l'un sur l'autre. L'auteur se sert ici d'une expression originale, mais bizarre, énergique et de bien mauvais goût: leurs yeux, dit-il, sont une éponge de sang qui suce leurs veines794. Après le repas, vient un concert; ensuite un bal, ouvert par l'empereur lui-même. Les deux amants s'entendent de mieux en mieux. La confidente Frosine voit qu'il est temps de venir à leur aide; après avoir dansé avec Milon, elle lui dit de la suivre; le conduit tout droit à la chambre de sa maîtresse et l'y enferme. Berthe s'y retire à la fin du bal. On devine assez le reste; mais sûrement on ne devine pas les tournures originales, quelquefois passionnées, et plus souvent licencieuses dont le poëte a peint cette scène d'amour. Le jour paraît; Milon se retire à son appartement, se couche et s'endort. Il est bon de savoir que nous voilà parvenus à la fin du quatrième chapitre, c'est-à-dire à la moitié du poëme; et nous n'en sommes encore de la vie de Roland qu'à ce premier acte qui précède de neuf mois la naissance.