Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
Ces quatre prétendues traductions de trois Décades de Turpin sont le Morgante, qu'il attribue sans aucun fondement à Politien, et non pas à Louis Pulci, son véritable auteur; le Mambriano de l'Aveugle de Ferrare; l'Orlando innamorato du Bojardo, et l'Orlando furioso de l'Arioste: quant aux autres, telles que Trebisonde, l'Ancroja, l'Espagne et Beuves d'Antone, il les rejette comme apocryphes, et les condamne au feu. Ceux qui se rappelleront ce que nous avons dit de ces misérables romans épiques, souscriront volontiers à cet arrêt. Il commence enfin son récit, mais non encore l'action de son poëme. Il faut d'abord qu'il donne un état de la cour de Charlemagne, et des douze paladins, ou pairs de France qui étaient toujours prêts à combattre pour Charles et pour la foi. Cette manière de la servir vaut mieux, selon le poëte, que de prêcher un peuple déjà croyant786. Il voudrait bien voir nos théologiens et tous nos autres braves, se présenter devant le Grand-Turc et imiter les anciens pères, qui, s'ils sont aujourd'hui dans le ciel, ne l'ont pas gagné à prix d'argent, mais les uns par la prédication, les autres par l'épée, comme ont fait Paul et le comte Roland787.