Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
Alors il se retira dans un monastère de son ordre, sur le promontoire de Minerve au royaume de Naples, et pour réparer le mal que pouvait faire la lecture des poésies de sa jeunesse, il composa, in ottava rima, un poëme de la vie de J. C. ou de l'humanité du fils de Dieu, poëme aussi orthodoxe que les autres l'étaient peu, mais qui, de l'aveu de Tiraboschi, n'eut pas un aussi grand nombre de lecteurs. Du royaume de Naples, Folengo passa en Sicile777: il y dirigea d'abord un petit monastère, aujourd'hui abandonné778, et se fixa ensuite à Palerme779. Don Ferrante de Gonzague y était alors vice-roi; Théophile composa pour lui une espèce d'action dramatique en tercets, ou terza rima, intitulée la Pinta ou la Palermita, titres qui, selon son tour d'esprit ordinaire, n'annoncent point du tout le sujet, car ce sujet n'était rien moins que la création du monde, la chute d'Adam, la rédemption, etc. Cette pièce s'est conservée manuscrite, mais n'a jamais été imprimée; quelques autres tragédies chrétiennes qu'il fit alors ont entièrement péri, et il ne paraît pas que ce soit une grande perte. L'auteur avait été un poëte bizarre et même tout-à-fait baroque, mais enfin un poëte; et ce n'est plus qu'un moine. Il revint de Sicile en Italie, se retira dans un couvent près de Padoue780, y passa les dernières années de sa vie, et y mourut à la fin de 1554781 âgé de cinquante-trois ans.