Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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Dès la première stance du poëme, il prononce que l'un des défauts les plus ordinaires du Tasse, est qu'il paraît souvent manquer de matière, qu'il est obligé de coudre ensemble des pensées qui n'ont entr'elles aucune liaison, aucun rapport, et que cela naît en lui d'une grande sécheresse de veine poétique et d'une grande pauvreté d'idées. «Je reste quelquefois, dit-il ailleurs, tout étourdi en voyant les sottes choses que ce poëte se met à décrire.» Et ailleurs encore507: «Il m'a toujours paru que ce poëte était mesquin, pauvre, misérable au-delà de toute expression, tandis que l'Arioste est riche, magnifique et admirable.» Il fait ici une comparaison figurée, dans le genre de celles des académiciens de Florence: «En considérant, dit il, les actions et les fables de ce poëme, je crois pénétrer dans le petit cabinet d'un petit curieux qui a pris plaisir à l'orner de choses qui ont quelque prix par leur antiquité ou autrement, mais qui ne sont cependant au fond que de petites choses (coselline), comme un crabe pétrifié, un caméléon desséché, une mouche ou une araignée dans un morceau d'ambre, quelqu'une de ces poupées, de ces fantoccini de terre que l'on dit trouvées dans les tombeaux de l'Égypte, ou, s'il s'agit de peinture, quelque petite ébauche du Baccio Bandinelli, ou du Parmesan, ou autres petites choses pareilles. Au contraire, lorsque j'entre dans le Roland furieux, je vois s'ouvrir un grand garde-meuble, une tribune immense, une galerie royale ornée de cent statues antiques des plus célèbres sculpteurs, d'autant de tableaux des meilleurs peintres, avec un grand nombre de vases, de cristaux, d'agathes, de lapis-lazuli, et d'autres pierres fines, remplie enfin d'objets rares, précieux, merveilleux et de la plus haute excellence, etc.»