Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
On ne doit donc pas entendre par poëmes burlesques, badins, ou plaisants (giocosi, comme les Italiens les appellent), tous ceux où le comique et l'héroïque, le grave et le plaisant sont entremêlés, mais ceux dans lesquels le principal but de l'auteur a été de faire rire, soit par des aventures gaies ou ridicules en elles-mêmes, soit par la manière de les raconter, ou par ces deux moyens à la fois. Si l'on se rappelle ce que j'ai dit du Morgante maggiore du Pulci, et l'analyse que j'ai donnée de ce poëme bizarre775, on y reconnaîtra la première épopée où l'auteur ait eu presque toujours cette intention, et par conséquent, à l'exception de quelques endroits, surtout dans les derniers chants, le premier modèle du poëme burlesque moderne. La vie presque entière du paladin Roland et ses incroyables exploits y sont contés du ton d'un homme qui n'éprouve point d'illusion et qui n'en veut point faire, mais qui veut amuser et faire rire son lecteur, et commence par s'amuser et par rire lui-même. En un mot, l'auteur se joue, il fait un poëme giocoso (plaisant); il raille, il se moque (burla); il fait un poëme burlesco (burlesque). Le sens propre de ce mot a, dans presque tout ce poëme, son application la plus exacte.