Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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En mêlant, dans la même fable, des hommes avec des animaux, vous aurez une troisième espèce de poëme burlesque, tel que les vers Arimaspiens d'Aristée de Proconnèse. Cet Aristée, qui florissait, selon les uns771, avant Homère, selon d'autres772, soixante ans après, et qui était non-seulement poëte, mais une espèce de magicien773773], prit pour sujet d'un poëme épique burlesque la guerre des Arimaspes avec les griffons qui gardaient les mines d'or. On sait que les Grecs ingénieux, mais qui ont trop souvent fait voir quelque différence entre l'esprit et la raison, croyaient qu'il existait par-delà Borée, ou dans les plus lointaines régions du Nord, des peuples qu'ils nommaient Hyperboréens. Ces peuples jouissaient, pendant une vie qui durait plusieurs siècles, d'un bonheur et d'un printemps éternels. Quelques-uns étaient sans tête, singulier moyen de bonheur, et se nommaient Acéphales; d'autres avaient une tête et des oreilles de chien: c'étaient les Cynocéphales; d'autres enfin n'avaient qu'un œil au milieu du front, et il les appelaient Arimaspes. Il y avait dans ce pays des montagnes dont les entrailles étaient remplies de veines d'or, et des griffons qui veillaient sans cesse à empêcher qu'on ne vînt ouvrir les veines de ces montagnes. Aristée imagina donc une guerre entre les griffons qui défendaient l'or et les Arimaspes qui voulaient le prendre. D'un côté des guerriers qui n'ont qu'un œil, de l'autre des monstres ailés et avides d'or, ne pouvaient produire qu'un poëme burlesque; mais celui-ci devait être en même temps satirique, et c'est même un caractère que ces poëmes ont presque tous.