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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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«Notre académie, qui n'a pris, comme on sait, le titre de la Crusca que parce qu'elle blutte486 la farine qu'on lui présente de temps en temps pour en séparer le son487, se trouvant l'autre jour en grand nombre, selon sa coutume, dans le lieu de sa résidence, et ayant appris de son concierge488 qu'on avait laissé quelques jours auparavant, un petit sac de farine pour qu'il fût passé par le bluttoir489, elle le fit aussitôt apporter devant elle par les garçons de son fermier490. Ayant lu dans le Laissez passer491, qui était cousu dessus, le nom de Camillo Pellegrino, elle fit délier l'ouverture du sac492, et les censeurs y ayant ensuite donné un coup-d'œil, elle ordonna à ses agents d'en prendre sur-le-champ la mesure et le poids, et d'enregistrer l'un et l'autre avec le Laissez passer, sur le livre des comptes. Cela fut fait promptement; et par ordre de l'archiconsul (c'était le titre du président de l'académie); la farine fut en peu de temps sassée par le bluttoir493, et le son en fut suffisamment séparé. D'après nos priviléges, lorsqu'il sort de cette opération la moitié plus de son que de farine, celle-ci reste à l'académie; l'autre, c'est-à-dire le son demeure au propriétaire, et tout au rebours dans le cas contraire. Or dans ce bluttage494 la quantité du son qui est sorti étant supérieure de trois quarts, la farine fut, en conséquence, confisquée au profit de notre cellier495. Les censeurs jugeant qu'elle avait un peu plus que moins d'amertume496, à cause des lupins, ou de quelque autre chose qu'on avait mêlée avec le grain, les académiciens ne voulurent pas qu'on la confondît avec la nôtre, ni même qu'on la gardât à part dans le cellier: ils ordonnèrent qu'elle fût mise sur la place497, et pour que personne ne pût se plaindre de ladite amertume, j'eus ordre d'attacher cette paperasse sur le sac498; j'obéis sans délai et je la publie dans une forme authentique. Je préviens en même temps les gens sages que cette marchandise, quelle qu'elle soit, n'a point été recueillie sur nos terres, et que le goût qui vient du grain même, ne peut être changé, ni par la meule, ni par le tamis499.»

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