Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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Veut-on voir comment le poëte sait faire agir un personnage qu'il sait ainsi annoncer? Dans ce même combat, Latin, né sur les bords du Tibre, marchait accompagné de ses cinq fils, qu'il avait dressés dès l'âge le plus tendre au métier des armes676. Tous à peu près du même âge, ils combattaient sous ses yeux, comme de jeunes lionceaux à qui leur mère apprend à s'élancer contre les chasseurs677. Latin veut s'opposer aux fureurs de Soliman; il exhorte ses fils à l'attaquer et marche lui-même avec eux. Les lances de ces six frères atteignent Soliman toutes à la fois; il reste immobile comme un rocher inutilement battu des flots, des vents et de la foudre678. De sa terrible épée, il fend la tête à l'aîné: Amarant veut soutenir son frère, le glaive du sultan lui coupe le bras; ils tombent ensemble baignés dans leur sang. Le jeune Sabin essaie encore de le blesser d'un coup de lance; Soliman la brise, pousse contre lui son cheval, le foule aux pieds, et moissonne cette tendre fleur, qui s'ouvrait à peine aux doux rayons de la vie. Pic et Laurent restaient encore, deux jumeaux charmants, dont la ressemblance était si parfaite, qu'elle avait souvent causé à leurs parents une agréable erreur; Soliman sépare à l'un la tête du corps, et plonge à l'autre son épée dans la poitrine.