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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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Dans des morceaux d'un autre genre, que le sujet de son poëme y ramène souvent, dans les descriptions de combats singuliers, on reconnaît à tout moment cette élévation et cette noblesse naturelle, que relevaient encore en lui les sentiments exaltés de la chevalerie. Le combat de Tancrède et d'Argant sous les murs de Jérusalem, à la vue des deux armées669, serait le plus terrible de tous, si ledernier qu'ils se livrent, dans lequel le redoutable Argant succombe, mais laisse à peine un reste de vie à son vainqueur, ne le surpassait encore670. Lecourage des deux champions est pareil; leur taille et leurs forces sont inégales. Tancrède supplée à ce qui lui manque par sa légèreté et par son adresse; Argant n'y oppose souvent que son immobilité; comme dans un combat naval entre deux vaisseaux d'inégale grandeur, l'un l'emporte par sa hauteur et par sa masse, l'autre par son agilité; le plus léger attaque sans cesse de la proue à la poupe, l'autre demeure immobile et semble le menacer de toute sa hauteur. Les deux guerriers sont couverts de blessures, leurs armes sont brisées, leur sang coule de toutes parts; Argant tombe; toutes ses plaies s'ouvrent, son sang s'échappe à gros bouillons; il peut à peine se relever sur un genou, en s'appuyant d'une main sur la terre. Tancrède lui crie de se rendre et lui fait des propositions honorables; Argant, rassemblant ses forces, le blesse traîtreusement d'un coup d'épée, et le force de lui donner la mort. Cependant lorsqu'Herminie a trouvé Tancrède expirant, et que Vafrin, qui accompagne Herminie, le fait transporter au camp des chrétiens671, il s'indigne que l'on veuille abandonner le corps de l'ennemi qu'il a vaincu. «Eh quoi! dit-il, le valeureux Argant restera donc exposé aux oiseaux de proie! Non, non, qu'il ne soit privé ni de sépulture, ni des éloges qui lui sont dus! Je ne suis plus en guerre avec ces restes muets et inanimés; il est mort en brave; il a donc droit à ces honneurs qui sont, après la mort, tout ce qui reste de nous sur la terre672.»

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