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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note 668 — D'ITALIE. (continued 2)

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Note 668:

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Il n'y a peut-être dans aucun poëte six plus beaux vers que les suivants:

Giace l'alta Cartago; appena i segni Dell'alte sue rovine il lido serba. Mujono le città, muojono i regni; Copre i fasti e le pompe arena ed erba; E l'uom d'esser mortal par che si sdegni; O nostra mente cupida e superba! (C. XV, st. 20.)

Ceux de Sannazar sont assez beaux, mais ils n'ont ni cette force, ni cette grandeur.

Quâ devictæ Carthaginis arces Procubuere, jacentque infausto in littore turres Everse . . . . . . . . . . . . . . . . Nunc passim vix reliquias, vix nomina servans Obruitur propriis non agnoscenda ruinis. Et querimur genus infelix humana labere Membra ævo, cum regna palam moriantur et urbes. (De Partu Virg., l. II.)

Sannazar avait imité ce passage d'une lettre de Sulpicius à Cicéron; ce qu'aucun commentateur n'a remarqué. Sulpicius écrit à son ami, qui venait de perdre sa fille Tullie. Entre autres motifs de consolation, il lui en offre un qui lui a été utile à lui-même. A son retour d'Asie, il allait par mer d'Egine à Mégare; les ruines de ces deux villes, jadis si florissantes, celles du Pirée et de Corinthe étaient à droite et à gauche sous ses yeux. Alors il se parle ainsi: Hem, nos homunculi indignamur si quis nostrum interiit aut occisus est, quorum vita brevior esse debet, cum uno loco tot oppidum cadavera jaceant? (Ad Familiar., l. IV, épist. 5.) Ce peu de lignes est aussi beau qu'aucun passage de Cicéron lui-même. Le Tasse ne paraît pas l'avoir connu; il eût certainement transporté dans sa langue cette expression si grande et si hardie, tot oppidum cadavera, les cadavres de tant de villes.

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