Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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Armide quitte Renaud, comme Alcine quitte Roger; son absence a les mêmes suites. Dès que Renaud est seul, les deux chevaliers se montrent à lui, couverts d'armes éclatantes. «Tel qu'un coursier fougueux, enlevé après la victoire au périlleux honneur des armes, et changé en lascif époux, erre, libre du frein, parmi les troupeaux et dans de gras pâturages; mais s'il est réveillé par le son de la trompette ou par l'éclat de l'acier, il y court en hennissant; déjà il brûle de voir ouvrir la carrière, et, portant sur son dos un cavalier, d'être heurté dans sa course et de heurter à son tour658.» Tel devient le jeune héros à l'aspect subit des deux chevaliers. Ubalde découvre alors devant lui un bouclier de diamant qu'il a reçu pour cet usage, talisman plus ingénieux et plus moral que l'anneau employé par Mélisse pour désenchanter Roger. Renaud y jette les yeux; il se voit paré des mains de la Mollesse, ses cheveux bouclés et parfumés; à son côté ce fer, seule arme qui lui reste, tellement couvert d'un luxe efféminé, qu'au lieu d'un instrument militaire, ce n'est plus qu'un inutile ornement. Réveillé comme d'un sommeil léthargique, il reste les yeux baissés et fixés sur la terre. Après le discours ferme et concis d'Ubalde659, il est encore quelque temps immobile et muet. Puis tout à coup il arrache et déchire ces vains ornements, cette pompe indigne de lui, ces honteuses marques de son esclavage, et suit docilement les deux guides qui l'ont rappelé au devoir660.