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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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Le reste de cette jolie peinture est plus difficile à copier. Nos meilleurs traducteurs l'ont fort adouci; moi qui ne traduis pas, mais qui ai pour but de faire connaître, je dois m'exprimer plus fidèlement. «Son beau sein montre à nu cette neige où le feu d'amour se nourrit et s'allume. On voit une partie de deux globes fermes et rebelles649; l'autre partie est couverte par la robe envieuse; mais si elle ferme le passage aux yeux, elle ne peut arrêter l'amoureux penser qui, non content des beautés extérieures, s'insinue encore dans les secrets cachés. Comme un rayon passe à travers l'eau ou le crystal, sans les diviser ou les partager, ainsi le penser ose pénétrer sous le vêtement le mieux fermé, jusqu'à la partie défendue. Là, il s'étend, là, il contemple en détail le vrai de tant de merveilles; ensuite il les raconte au désir, il les lui décrit et rend ses flammes plus vives.» En citant autrefois ce trait pour justifier le jugement de Boileau sur le Tasse650, «en bonne foi, disais-je, quand Boileau, du caractère dont il était, choqué des ornements plus que superflus de cette description, eût jeté là le livre et n'eût jamais voulu le reprendre, devrait-on lui en faire un crime?» Un plus long commerce avec les poëtes italiens m'a peut-être un peu corrompu; je vois bien toujours les mêmes vices dans cette description qui blesse la dignité de l'épopée, et même la décence651; mais je sens que si, devant moi, un nouveau Despréaux jetait le livre, je serais prompt à le ramasser, et l'engagerais à le reprendre.

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