Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
On trouve ici un coin du jardin d'Alcinoüs643 transplanté dans celui d'Armide; et il est vrai que dans cette description, Homère, plus naturel, n'est pas moins brillant qu'Ovide. Mais c'est par Ovide que le Tasse est inspiré dans la peinture suivante, quoiqu'il ne le traduise pas; il va même plus loin que lui. «De jolis oiseaux, sous les feuillages verts, accordent à l'envi leurs chants folâtres. Le Zéphyr murmure et fait gazouiller les feuilles et les ondes, en les agitant diversement. Quand les oiseaux se taisent, le Zéphyr répond à haute voix, quand les oiseaux chantent, il émeut plus doucement le feuillage. Soit hazard, soit artifice, le Zéphyr harmonieux, tantôt accompagne leurs airs et tantôt se fait entendre à leur place644.» Parmi tous ces oiseaux, le poëte en choisit un plus extraordinaire que les autres; il le décrit avec une complaisance particulière, et lui fait chanter, en deux stances ou octaves, une très-jolie morale d'amour. Voltaire, admirateur du Tasse, s'est contenté de ranger parmi les excès d'imagination dont il faut bien convenir quand on n'a pas renoncé au bon sens et au bon goût, ce perroquet qui chante des chansons de sa propre composition645. Galilée a été plus sévère; c'est même un des endroits de sa critique où il est le moins poli et le plus dur646. Nous nous bornerons à mettre, et ce duo dialogué entre le Zéphyr et les oiseaux, et surtout cet oiseau poëte et improvisateur, au nombre des ornements superflus dont le Tasse a trop souvent chargé ses descriptions.