Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
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Alcine enfin a un piége tendu dans toutes les parties d'elle-même, soit qu'elle parle, qu'elle rie, qu'elle chante, ou qu'elle fasse quelques pas. Il n'est pas étonnant que Roger qui en est si bien reçu, s'y laisse prendre. Pour achever de le séduire, les plaisirs de la table ne sont point oubliés. «A cette table, des cithares, des harpes, des lyres et d'autres délicieux instruments faisaient retentir l'air d'alentour d'une douce harmonie et de mélodieux accords; il n'y manquait ni des voix, habiles à chanter les jouissances et les souffrances de l'amour, ni des poëtes, qui représentaient dans leurs inventions les plus agréables fantaisies.» De petits jeux succèdent à la bonne chère; enfin Roger est conduit dans les appartements secrets, où Alcine vient l'enivrer de toutes les délices de l'amour; et l'Arioste ne se refuse aucun détail de leurs plaisirs629. Il peint ensuite l'emploi que ces deux amants faisaient de leurs journées. «Souvent à table, toujours en fêtes, les joutes, la lutte, le théâtre, le bain, la danse les amusent tour-à-tour. Tantôt près des fontaines, à l'ombre des coteaux, ils lisent les propos amoureux des anciens; tantôt dans les vallées couvertes d'ombre, et sur les riantes collines, ils poursuivent les lièvres timides; tantôt suivis de chiens rusés, ils font sortir avec bruit les faisans des chaumes et des buissons; tantôt ils tendent aux grives, ou des lacets, ou de souples gluaux, sur des genévriers odorants; et tantôt enfin, avec des hameçons armés d'un appât, ou avec des filets, ils troublent les poissons dans leur doux et secret asyle.»