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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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La suite de cette belle scène offre une imitation d'un autre genre. Clorinde, avant de partir, a un entretien avec son vieux gouverneur Arsète. Il veut la détourner de son dessein; il lui raconte des choses étranges d'elle-même, de sa naissance et de sa mère617. Femme du roi d'Éthiopie, et noire comme lui, mais cependant aussi belle que sage, elle l'avait mise au monde blanche comme un lis, parce que, sur le mur de sa chambre, était peinte une Vierge au visage blanc et vermeil délivrée d'un horrible dragon par un cavalier, et que la reine, qui était chrétienne, priait souvent au pied de cette image. Craignant que la couleur de son enfant ne fit soupçonner sa vertu618, elle en avait fait présenter un autre au roi, et avait confié sa fille à Arsète qui l'emporta loin du palais, et ne l'a point quittée depuis. Cette fois c'est dans un roman grec, dans les Éthiopiques d'Héliodore, ou les Amours de Théagêne et de Chariclée que le Tasse a puisé; il y a pris tout ce commencement de l'histoire de Clorinde. Dans ce roman, une reine d'Éthiopie au teint noir, accouche de la blanche Chariclée, pour avoir regardé trop fixement, non pas en faisant sa prière, mais dans un autre moment619, un grand tableau de Persée et d'Andromède, dont sa chambre était ornée; et elle fait, par la même crainte, exposer aussi son enfant.

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