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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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Veut-il exprimer le nombre des démons chassés par l'archange Michel dans les gouffres infernaux, Virgile, d'après Homère, lui fournit la double comparaison des oiseaux qui passent la mer pour chercher des climats plus chauds, et des feuilles597 dont les premiers froids de l'automne jonchent la terre; veut-il peindre le féroce Argillan s'échappant de sa prison et courant au combat, Homère et Virgile lui présentent pour objet de comparaison ce coursier fougueux, échappé de l'étable, qui s'élance, en secouant sa crinière, ou vers un beau troupeau de cavalles, ou vers le fleuve accoutumé598; il s'en saisit, sans apercevoir peut-être que cette image noble et brillante, qui convient parfaitement, dans l'Iliade, au beau Pâris s'arrachant du sein des voluptés pour courir aux combats; dans l'Énéide, au jeune et brave Turnus, rompant une odieuse trève et s'armant de nouveau pour la guerre, va moins bien à un séditieux obscur qui ne sort de la prison, où une mort honteuse le menace, que pour en chercher une plus honorable sur le champ de bataille. Tancrède pleurant la nuit et le jour Clorinde qu'il adorait et qu'il a tuée sans la connaître, est pour lui, comme Orphée pleurant son Eurydice l'a été pour Virgile599, le rossignol à qui on a enlevé ses petits, faisant, pendant la nuit, retentir les bois de ses gémissements: et pour ne pas étendre plus loin, comme on le ferait aisément, cette énumération, Armide sur son char, dans l'armée du soudan d'Égypte, passant au milieu des guerriers sarrazins qui l'admirent, est à ses yeux le phénix renaissant dans toute sa beauté, environné d'oiseaux innombrables qui l'applaudissent en battant des ailes, comme l'ont été aux yeux de Sannazar600, un saint Enfant et sa Mère, les deux objets les plus sacrés pour les chrétiens.

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