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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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Mais revenons au Tasse et à son poëme, supérieur sans doute aux critiques qu'on en peut faire, puisque, en dépit de tout ce qu'on y a repris et de tout ce qu'on y pourrait reprendre encore, il vit, et vivra éternellement. Des critiques d'un genre plus grave, et dont quelques-unes ne lui ont point encore été faites, ne pourraient même nuire à sa durée. On reprocherait en vain au Tasse, si on l'examinait de plus près, je ne dirai pas d'avoir trop négligé les souvenirs religieux attachés aux lieux où se passe son action; il les a suffisamment rappelés, et en y insistant davantage, il risquait de changer sa Jérusalem en un de ces poëmes sacrés qui n'ont jamais qu'une classe de lecteurs; mais de n'avoir pas tiré des historiens qu'il dut connaître, des faits et des circonstances qui ont toute la grandeur et tout l'intérêt des fictions de l'épopée; de n'avoir point assez fidèlement décrit les mœurs du onzième siècle et surtout celles des compagnons de Godefroy; d'avoir en quelque sorte altéré en eux la superstition qui les animait, en leur prêtant une croyance qu'ils n'avaient pas aux prodiges opérés par le diable, au lieu d'une disposition toujours prochaine à être frappés d'un grand phénomène de la nature et à se figurer des apparitions de Dieu, des saints ou des anges; d'avoir mis trop souvent à la place des chevaliers de la croix, tels qu'ils étaient réellement, des chevaliers romanesques et imaginaires, tels qu'ils ne furent jamais que dans le Bojardo et dans l'Arioste; d'avoir aussi mêlé de fausses couleurs aux peintures des mœurs de l'Asie, et d'avoir surtout imaginé des héroïnes, telles qu'il n'y en eut jamais parmi les musulmans581; mais il en serait de ces défauts comme des autres, ils ne nuiraient pas plus au succès désormais immortel de l'ouvrage, qu'à la gloire impérissable de l'auteur.

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