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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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Nos deux amants se retrouvent à la fin du poëme dans une position fort différente; mais ils n'ont point changé de style; et le désespoir d'Armide n'est pas moins prodigue de pointes que l'était l'amour de Renaud. Ils se rencontrent au milieu d'un combat. Il change un peu de visage; elle devient de glace et ensuite de feu577. Elle lance plusieurs traits contre Renaud sans lui faire de blessure; et tandis qu'elle les darde, l'Amour la blesse578. Elle craint que le corps de son perfide ne soit invulnérable comme son cœur. «Peut-être, dit-elle, ses membres sont-ils revêtus du même marbre dont il a si bien endurci son ame. Les coups d'œil ni les coups de main ne peuvent rien sur lui.» Enfin elle s'enfuit seule du champ de bataille; elle s'en va: le courroux et l'amour s'en vont avec elle, comme deux chiens attachés à ses flancs579; expressions passionnées, quoique trop figurées peut-être. Elle veut se tuer elle-même. Elle s'adresse à ses flèches et les invite à percer un cœur où celle de l'amour ne tirent jamais en vain. «Puisque aucun autre remède n'est bon pour moi, dit-elle en finissant, et qu'il ne faut que des blessures à mes blessures, qu'une plaie de mes flèches guérisse la plaie d'amour, et que la mort soit un remède pour mon cœur580.»

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