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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)

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J'entends par tours affectés les répétitions, les accumulations, les oppositions qui s'écartent du naturel, qui ne forment qu'un vain cliquetis de mots et de pensées, et qui ôtent au style épique sa noble et décente simplicité.--Odoard et Gildippe combattent toujours ensemble: tous les coups qu'ils reçoivent les blessent également. Souvent l'un est blessé, l'autre languit, et celui-là verse son ame, quand celle-ci verse son sang560.» Soliman, dans un combat nocturne, fait des prodiges de valeur. «Son fer ne s'abat point qu'il ne touche, il ne touche point qu'il ne blesse, il ne blesse point qu'il ne tue561.» Après un tour si affecté, et une accumulation si exagérée, sied-il bien d'ajouter: «J'en dirais plus encore, mais la vérité à l'air du mensonge?» Clorinde et Tancrède qui se combattent sans se connaître, «ont le pied toujours ferme et la main toujours en mouvement. L'insulte excite le courroux à la vengeance, et la vengeance ensuite renouvelle l'insulte562.» Au haut de la montagne où Armide a placé ses jardins, où le ciel est toujours serein, et conserve éternellement aux près les herbes, aux herbes les fleurs, aux fleurs les odeurs, aux arbres les ombrages563, une jolie nymphe se jouait dans l'eau d'une fontaine; «elle riait et rougissait tout ensemble; et le sourire était plus beau dans la rougeur et la rougeur dans le sourire564.» Elle disait aux chevaliers: vous pouvez déposer ici les armes; vous n'y serez plus guerriers que de l'amour, et le lit et l'herbe tendre des prés seront vos doux champs de bataille.»

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