Note (retour) — D'ITALIE. (continued 2)
Reading edition
Armide, à qui Godefroy refuse le secours qu'elle lui demande, verse des larmes, telles qu'en produit la colère mêlée à la douleur. «Ses larmes naissantes ressemblaient à un crystal et à des perles frappées des rayons du soleil553. Ses joues humides étaient comme des fleurs vermeilles et blanches tout ensemble, qu'arrose un nuage de rosée, lorsqu'au point du jour elles ouvrent leur calice au doux zéphir, et que l'aube qui les regarde avec plaisir, désire d'en parer son sein.» Que devient au milieu de ces jolies images, et surtout de la dernière, la douleur vraie ou fausse d'Armide? Le poëte n'emploie-t-il pas encore une image trop fleurie, ou plutôt une figure trop recherchée, trop peu naturelle, lorsqu'Armide, pour consoler ses amants, «fait briller, comme un double soleil, son regard serein et son souris céleste sur les nuages épais et obscurs de la douleur, qu'elle avait d'abord amassés autour de leur sein554?» Tancrède, dès l'instant qu'il voit Clorinde, en devient amoureux; le Tasse, au lieu de peindre ce rapide sentiment de l'amour, s'amuse à cette image trop fleurie et à cette pensée frivole de l'Amour enfant. «O merveilles! l'Amour qui vient à peine de naître, vole déjà grand, et déjà triomphe armé555.»