Note 57 — NOTES AJOUTÉES.
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Note 57:
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Le Trissino, dans sa
Poétique
; le Crescimbeni, dans son
Hist. de la Poésie vulgaire
, et presque tous les auteurs italiens, attribuent cette invention à Boccace. Le Crescimbeni croit cependant, t. I, p. 199, que la première origine de ce rhythme est due aux Siciliens. Le Bembo, en adoptant cette opinion, observe que les anciens Siciliens ne composaient pourtant l'octave que sur deux rimes, et que l'addition d'une troisième rime, pour les deux derniers vers, appartient aux Toscans.
Prose
, Flor. 1549, p. 70. En effet, dans le Recueil de l'Allacci (
Poeti Antichi raccolti da codici manoscr.
, etc., Napoli, 1661), on trouve une
canzone
de Giovanni de Buonandrea, dont les quatre strophes sont de huit vers andécasyllabes, sur deux seules rimes croisées. M. Baldelli (p. 33, note), en citant d'autres auteurs qui ont été de la même opinion que le Bembo, convient avec sa candeur accoutumée, que l'octave avec trois rimes a été employée en France, avant Boccace, par Thibault, comte de Champagne, et il rapporte toute entière, une de ces octaves citée par Pasquier (
Recherches de la France
, Paris, 1617, p. 724. Amsterdam, 1723, t. I, col. 791.)
Au Rinouviau de la doulsour d'esté Que reclaircit li doiz à la fontaine, Et que son vert bois, et verger, et pré, Et li rosiers en may florit et graine; Lors chanterai que trop m'ara grevé Ire et esmay, qui m'est au cuer prochaine: Et fins amis à tort acoisonnez, Et moult souvent de léger effréez.
Mais il ne paraît pas que ce rhythme agréable, que l'oreille délicate du comte de Champagne lui avait inspiré, eût été adopté et fût devenu commun en France. En Italie, les Toscans furent sûrement les premiers à en faire usage; et Boccace, le premier de tous, soit qu'il connût la chanson de Thibault, soit qu'il ne la connût pas, employa, dans sa
Théséide
, l'octave à trois rimes, telle qu'elle est restée depuis.