← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 3)

Reading edition

Imitateur en tout de Cicéron, il semblait avoir pris de lui le besoin et l'habitude d'une correspondance épistolaire très-active avec ses amis et avec les principaux personnages de son temps. Les choses les plus simples de la vie et les affaires les plus importantes, tout lui fournissait un sujet de lettre. Il en avait brûlé des paquets, des coffres entiers, et cependant on a imprimé de lui dix-sept livres d'épîtres. Ils en contiennent près de trois cents, dont un assez grand nombre sont, par leur étendue, moins des lettres que de véritables traités, et on en connaît beaucoup encore qui n'ont jamais vu le jour. C'est là surtout qu'il faut chercher l'âme de Pétrarque et les détails les plus intéressants de sa vie. «Il avait, dit avec raison l'abbé de Sade 636, une amitié babillarde, et un cœur qui aimait à s'épancher.» Ce qui veut dire qu'il était un homme confiant, sensible, et un véritable ami. Ces lettres sont très-importantes pour l'histoire littéraire, pour celle des événements, et plus encore des mœurs du quatorzième siècle. Les portraits de la cour papale d'Avignon y sont horribles. Peut-être aussi sont-ils un peu chargés. Le style n'a pas, à beaucoup près, l'élégance et la pureté de celui de l'auteur qu'il avait choisi pour modèle; mais on y voit cependant, ainsi que dans ses autres œuvres latines, combien il avait gagné à l'avoir toujours sous les yeux, à le lire et à l'imiter sans cesse. Il écrivait avec abandon et sentiment à ses amis, aux Grands avec des égards, mais sans renoncer jamais à son ton habituel de franchise et d'indépendance; en écrivant, non-seulement à cette illustre et puissante famille des Colonne, ses bienfaiteurs, et qu'il appelle même ses maîtres, ou à ce tribun Rienzi, qui fut un instant le maître de Rome, ou à des prélats et à des cardinaux, mais même aux différents papes qu'il vit se succéder sur le trône d'Avignon et qu'il voulut toujours ramener en Italie, aux souverains de Milan, de Vérone, de Parme, de Padoue, au doge de Venise, au roi Robert, enfin à l'Empereur, il garde cet air de liberté noble et décente, qui convient à la philosophie et aux lettres, même avec les puissants de la terre, parce que, quand elles savent se respecter elles-mêmes, elles sont aussi une puissance.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings