Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 3)
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C'est ce dernier talent que Charles lui donna sujet d'employer par la conduite qu'il tint à Rome. Il passa deux jours à visiter les églises en habit de pélerin. Il avait toujours promis au pape qu'il n'entrerait à Rome que le jour de son couronnement, et qu'il n'y coucherait pas: fidèle à cette dernière promesse, plus qu'attentif à conserver ses droits, il sortit de la ville le jour même qu'il y fut couronné. Il se hâta de traverser l'Italie et les Alpes, recevant partout des marques du mépris que méritait sa faiblesse; la bourse pleine d'argent, dit Villani, mais couvert de honte par l'abaissement de la majesté impériale 562. Pétrarque, déchu de son attente, et n'espérant plus rien d'un tel prince pour le bonheur de l'Italie, s'attacha plus que jamais aux Visconti, dont il ne cessait de recevoir des preuves de considération et de confiance. Il eut cette année là 563 des accès plus forts qu'à l'ordinaire d'une fièvre tierce qui l'attaquait ordinairement en septembre. Ces accès duraient encore quand Mathieu Visconti mourut subitement, soit de ses débauches excessives, soit, si l'on en croit des bruits que quelques historiens ont adoptés, empoisonné ou étouffé par ses deux frères. Barnabé était un guerrier barbare et très-capable d'un fratricide; mais Galéas avait des qualités aimables, et mêmes des vertus. C'est à lui que Pétrarque s'était particulièrement attaché. Il fut très-affecté des bruits qui se répandirent; mais une preuve bien forte qu'il les crut sans fondement, c'est qu'il ne quitta pas celui qu'ils accusaient d'un si grand crime.