Note (retour) — DE M. GINGUENÉ.
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Le célèbre compositeur Piccini, arrivé à Paris à la fin de l'année 1776, parvint, non sans peine, à mettre sur le théâtre lyrique sa musique nouvelle du Roland de Quinault. Une guerre s'alluma entre les partisans de Piccini et ceux de Gluck, qui, depuis 1774, avait obtenu de brillans succès sur la même scène, par les opéras d'Iphigénie en Aulide, d'Alceste, d'Orphée, et d'Armide. Chacun des deux rivaux donna une Iphigénie en Tauride en 1779. Depuis long-temps aucune querelle littéraire ni même politique, n'avait pris en France un si violent caractère. A la tête du parti, ou, comme dit La Harpe, de la faction gluckiste, on distinguait Suard et l'abbé Arnauld, Marmontel, Chastellux, et La Harpe lui-même se donnaient pour les chefs des Piccinistes. Ginguené, qui embrassa vivement cette dernière cause, avait sur ceux qui la combattaient et encore plus sur ceux qui la défendaient, l'avantage de savoir parfaitement la musique. L'oubli profond où cette querelle alors si bruyante est aujourd'hui ensevelie, couvre tous les pamphlets qu'elle fit naître, y compris les lettres anonymes de Suard, et même les écrits publiés à cette époque par Ginguené 2; mais ce qu'ils contenaient de plus instructif se retrouve dans la notice qu'il a imprimée en 1801 3 sur la vie et les ouvrages de Piccini, qui venait de mourir en 1800 et dont il était resté l'intime ami.