Note 9 — PREMIÈRE PARTIE LA FIN DES JACOBINS (continued 2)
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Ce journal lourd et pâteux, avec toute sa violence, comme un orage malpropre qui amène cinq cents pieds de boue, a parfois certaine éloquence par l’excès de la fureur et par la sincérité. Certes, oui, il croit ce qu’il dit. Sans cela, il n’eût pas trouvé sa page 419 mauvaise, mais de grand effet. C’est comme un jugement dernier pour les quatre (Collot, Billaud, Vadier, Barère). Il voit un amphithéâtre énorme où siège la France, et quatre échafauds pour eux. Le peuple juge. Et d’abord arrive pour accuser une immense armée d’orphelins. Ils pleurent. Mais voici venir une prodigieuse foule de veuves. Et que de mères ! et que de pères !… Vous redemandez les vôtres ?… Mais que dira donc la France ? Commerce, arts, villes détruites, surtout liberté ravie ! — On est près de les condamner… — Un moment ! crie une voix… On oublie le plus horrible… Que d’innocents ont été guillotinés avant de naître !… Hélas ! tant de femmes enceintes !… Les mères mortes, ils vivaient encore, s’agitaient après le supplice dans les entrailles maternelles. On les a barbarement étouffés dans le tombeau. — Alors tout le peuple en pleurs près de déchirer ces monstres… Mais le ciel lui-même éclate, la foudre pulvérise. Une pluie de sang couvre, inonde l’amphithéâtre épouvanté (Fréron, I, 420, 11 nivôse, 31 déc. 94).