Note 24 — LIVRE QUARANTIÈME. S D'OÑORO. (continued 3)
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Projet du maréchal Soult de marcher contre l'armée de secours, mais après avoir pris le fort de Pardaleras. Le maréchal Soult conçut alors le projet d'aller les chercher dans le camp de Santa-Engracia, et de leur ôter la possibilité de renouveler de semblables opérations en détruisant l'armée de secours, pensée fort sage, car la garnison recevait de la présence de cette armée une force morale et matérielle considérable. Mais il fallait réunir les moyens de passer la Guadiana, ce qui n'était pas facile, vu l'abondance des eaux, et en attendant il voulut faire un pas vers l'enceinte en enlevant le fort de Pardaleras. Cet ouvrage consistait en un bastion flanqué de deux demi-bastions, et fermé à la gorge par une simple palissade. Il était possible par une surprise de l'enlever, et dès lors d'en faire le point d'appui d'un cheminement presque direct vers le point de l'enceinte qu'on avait le projet d'attaquer. Le chef de bataillon Lamare, officier du génie distingué[24], disposa deux colonnes de deux cents hommes chacune, composées avec des détachements des 21e et 28e léger, des 100e et 103e de ligne, précédées par des sapeurs du génie, et commandées par deux braves officiers, le chef de bataillon Guérin et le capitaine du génie Coste. Attaque et prise du fort de Pardaleras. Conformément au plan arrêté, ces deux colonnes sortirent le 11 février à sept heures du soir de nos tranchées, au milieu d'une obscurité profonde, s'avancèrent directement sur le saillant du fort de Pardaleras, se séparèrent ensuite pour passer l'une à droite, l'autre à gauche, en suivant la crête des glacis, afin d'assaillir l'ouvrage par la gorge. La colonne de droite, quoique égarée dans l'obscurité, trouva le moyen de descendre dans le fossé de la courtine, aperçut une poterne entr'ouverte, et s'y porta vivement. Le capitaine Coste qui la conduisait se jeta sur un officier espagnol accouru pour fermer la poterne, le frappa de son épée, entra audacieusement suivi de ses soldats, et parvint dans l'ouvrage au moment où la colonne de gauche, ayant réussi à le tourner, abattait à coups de hache les palissades qui en fermaient la gorge. Les deux colonnes se joignirent aux cris de Vive l'Empereur, se précipitèrent ensuite à la baïonnette sur les Espagnols, en tuèrent quelques-uns, en prirent un plus grand nombre, et mirent les autres en fuite vers la place. Elles se hâtèrent de commencer un épaulement tourné du côté de l'enceinte, pour se couvrir des feux qui dès ce jour devaient être tous dirigés sur l'ouvrage dont nous étions devenus les maîtres.