Note 19 — LIVRE VINGT-SIXIÈME. (continued 3)
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Privée du corps de Ney, l'armée française s'élevait tout au plus à cinquante et quelques mille hommes, bien que les Russes l'aient portée à 80 mille dans leurs relations, et un historien français, ordinairement digne de foi, à 68[19]. Le corps du maréchal Davout, dont l'effectif présentait 26 mille hommes à Awerstaedt, sensiblement diminué par les combats livrés depuis, par les maladies, par la dernière marche de la Vistule à Eylau, par les détachements laissés sur la Narew, était fort de 15 mille hommes environ. Le corps du maréchal Soult, le plus nombreux de toute l'armée, très-réduit également par la dyssenterie, la marche, les combats d'arrière-garde, ne pouvait pas être évalué à plus de 16 ou 17 mille hommes. Celui du maréchal Augereau, affaibli d'une quantité de traînards et de maraudeurs qui s'étaient dispersés pour vivre, n'en comptait que 6 à 7 mille au bivouac d'Eylau, dans la soirée du 7 février. La garde, mieux traitée, plus retenue par la discipline, n'avait laissé personne en arrière. Toutefois elle ne s'élevait qu'à 6 mille hommes. Enfin la cavalerie de Murat, composée d'une division de cuirassiers et de trois divisions de dragons, ne présentait guère que 10 mille cavaliers dans le rang. C'était donc une force totale de 53 à 54 mille combattants, capables de tout, il est vrai, quoique accablés de fatigue, et épuisés par la faim. Si le maréchal Ney arrivait à temps, il devenait possible d'opposer 63 mille hommes à l'ennemi, tous présents au feu. Il ne fallait pas espérer de voir arriver le corps de Bernadotte, demeuré à une distance de trente lieues.