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Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 07 / 20)

Note 34 — LIVRE VINGT-SEPTIÈME. (continued 3)

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Le 5 juin au matin, dès la pointe du jour, l'avant-garde russe, conduite par le prince Bagration, se porta rapidement sur la position d'Altkirch (voir la carte no 38), l'une de celles qu'occupait le maréchal Ney avec une division, et négligea tous les petits postes français répandus dans les bois, afin de les enlever en les dépassant. Nos troupes, qui par suite du campement couchaient en bataille, satisfaites plutôt qu'étonnées de la vue de l'ennemi, pleines de sang-froid, exercées tous les jours à tirer, firent sur les Russes un feu meurtrier, et qui les arrêta promptement. Le 39e placé en avant d'Altkirch, ne se retira qu'après avoir jonché de morts le pied des retranchements. Pendant ce temps, les attaques dirigées sur Wolfsdorf à gauche, sur Guttstadt à droite, et plus à droite encore sur Bergfried, s'exécutaient avec vigueur, mais heureusement sans aucun ensemble, et de façon à laisser au maréchal Ney le temps d'opérer sa retraite. Fière attitude du maréchal Ney en présence de l'armée russe. Accouru à la tête de ses troupes, il s'aperçut que l'effort principal de l'armée russe se concentrait sur lui, et que c'était le cas de prendre la route de Deppen, assignée comme ligne de retraite par la prévoyance de Napoléon. Il avait l'une de ses divisions en avant de Guttstadt, à Krossen, l'autre en arrière, à Glottau. Il les réunit, en se donnant toutefois le temps de recueillir son artillerie, ses bagages, ses postes détachés dans les bois, qu'il ramena tous, sauf deux ou trois cents hommes laissés à l'extrémité la plus avancée de la forêt d'Amt-Guttstadt. Il suivit la route de Guttstadt à Deppen, par Quetz et Ankendorf, traversant lentement le petit espace compris entre l'Alle et la Passarge, s'arrêtant avec un rare sang-froid pour faire ses feux de deux rangs, quelquefois chargeant à la baïonnette l'infanterie qui le pressait de trop près, ou se formant en carré, et fusillant à bout portant l'innombrable cavalerie russe, inspirant enfin aux ennemis une admiration qu'ils exprimèrent eux-mêmes quelques jours après[34]. Il ne voulut pas céder tout entier l'espace de quatre à cinq lieues, qui sépare en cet endroit l'Alle de la Passarge, et il fit halte à Ankendorf. Retraite heureuse du maréchal Ney à Ankendorf. Il avait eu affaire à 15 mille hommes d'infanterie, à 15 mille hommes de cavalerie, et si les deux colonnes du prince Bagration et du lieutenant général Saken eussent agi ensemble, si la garde impériale se fût jointe à elles, il est difficile qu'en présence de soixante mille hommes réunis, il n'eût pas essuyé un terrible échec. Il avait perdu 12 ou 1500 hommes en morts ou blessés, mais il avait abattu plus de trois mille Russes. À trois heures de l'après-midi, l'ennemi s'arrêta lui-même, sans aucun motif, comme il arrive, quand une pensée ferme et conséquente ne dirige pas les mouvements des grandes masses.

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