Note 32 — LIVRE VINGT-SEPTIÈME. (continued 3)
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Telles étaient les forces de Napoléon, du Rhin à la Passarge, de la Bohême à la Baltique; en troupes en marche ou déjà parvenues sur le théâtre de la guerre, en troupes gardant ses derrières ou prêtes à prendre l'offensive, en soldats valides, blessés ou malades, en Français ou alliés, il comptait plus de 400 mille hommes. Dissémination inévitable des grandes armées quand on opère à de grandes distances. Si on ne considère que ce qui allait entrer en action, si on néglige même le corps de Masséna, destiné à garder la Narew, on peut dire qu'il avait sous la main six corps, ceux des maréchaux Ney, Davout, Soult, Bernadotte, Lannes, Mortier, plus la cavalerie et la garde, lesquels composaient un effectif de 225 mille hommes[32], dont 160 mille combattants véritables. Telle est la difficulté de l'offensive! Plus on avance, plus la fatigue, la dissémination, la nécessité de se garder, diminuent la force des armées. Qu'on suppose ces 400 mille hommes ramenés sur le Rhin, non pas par une déroute, mais par un calcul de prudence, et chaque homme, sauf les malades, eût fourni un combattant. Sur la Vistule, au contraire, moins de la moitié pouvait combattre. Supposez deux cents lieues de plus, et le quart seul aurait pu se présenter devant l'ennemi. Et pourtant celui qui conduisait ces masses était le plus grand organisateur qui ait existé! Rendons grâce à la nature des choses, qui a voulu que l'attaque fût plus difficile que la défense!