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Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 07 / 20)

Note 8 — LIVRE VINGT-CINQUIÈME. (continued 3)

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Pendant ce temps, le maréchal Bernadotte avait marché sur Halle pour y passer la Saale, et gagner l'Elbe vers Barby ou Dessau. (Voir la carte no 34.) Halle est sur la basse Saale, au-dessous du point où cette rivière reçoit l'Elster, et au-dessus du point où elle se réunit à l'Elbe. À son départ de Weimar pour se retirer sur l'Elbe en se couvrant de la Saale, le duc de Brunswick avait ordonné au prince Eugène de Wurtemberg de se porter sur Halle, à la rencontre de la grande armée prussienne. Ce prince y était venu avec un corps d'environ 17 à 18 mille hommes, formant la dernière ressource de la monarchie. Il s'y était établi pour recueillir dans un bon poste l'armée battue. Mais elle ne se dirigeait pas vers lui, puisqu'elle avait pris la route de Magdebourg, et à sa place on vit paraître, le 17 octobre au matin, un détachement de troupes françaises. C'était la division Dupont, qui, pour le moment, suivait le corps du maréchal Bernadotte. À peine arrivé en vue de Halle, le général Dupont, qui avait ordre d'attaquer, se hâta de reconnaître lui-même la position de l'ennemi. La Saale se divise en plusieurs bras devant la ville de Halle. On la passe sur un pont d'une grande longueur, qui traverse à la fois des prairies inondées et plusieurs bras de rivière. Ce pont était garni d'artillerie, et en avant se trouvait une troupe d'infanterie. Dans les îles qui séparent la rivière en plusieurs bras, on avait disposé des batteries, qui enfilaient la route par laquelle arrivaient les Français. À l'extrémité du pont se présente la ville, dont les portes étaient barricadées. Enfin au delà sur les hauteurs qui dominent le cours de la Saale, on apercevait le corps d'armée du prince de Wurtemberg rangé en bataille. Il fallait donc franchir le pont, forcer les portes de Halle, pénétrer dans la ville, la traverser, et enlever les hauteurs en arrière. C'était une suite de difficultés presque insurmontables. À cette vue, le général Dupont, qui avait livré les beaux combats de Haslach et de Dirnstein, arrête sa résolution sur-le-champ. Il se décide à culbuter les troupes postées aux avenues du pont, puis à enlever le pont, la ville et les hauteurs. Le pont de Halle enlevé par une audacieuse tentative du général Dupont. Il revient, reprend des mains du maréchal Bernadotte sa division, que celui-ci avait mal à propos disséminée[8], et la dispose de la manière suivante. Il place en colonne sur la route le 9e léger, sur la droite le 32e de ligne (celui qui s'était rendu si fameux en Italie et que commandait toujours le colonel Darricau), puis le 96e en arrière pour appuyer tout le mouvement. Cela fait, il donne le signal, et conduisant ses troupes lui-même, les lance au pas de course sur le poste d'infanterie établi à la tête du pont. On essuie d'horribles décharges de mousqueterie et de mitraille, mais on arrive avec la rapidité de l'éclair; on refoule sur le pont les troupes qui le gardent, on les y poursuit, malgré le feu qui part de tous les côtés, et qui atteint Français et Prussiens. Après une mêlée de quelques instants, on parvient à l'autre bout du pont, on entre pêle-mêle dans la ville avec les fuyards. Là, une vive fusillade s'engage au milieu des rues avec les Prussiens; bientôt cependant on les expulse de la ville, et on en ferme les portes sur eux.

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