← Table of contents
Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 06 / 20)

Note 19 — LIVRE VINGT-QUATRIÈME. (continued 3)

Reading edition

Le roi Frédéric-Guillaume et M. d'Haugwitz avaient compté sur un succès pour calmer les esprits; ils espéraient qu'une confédération des puissances allemandes du Nord, sous le protectorat de la Prusse, pourrait servir de contre-poids à la Confédération du Rhin. Napoléon lui-même leur en avait suggéré l'idée. Un aide de camp du roi avait été envoyé à Dresde, afin de décider la Saxe à entrer dans cette confédération, et le ministre principal de l'électeur de Hesse-Cassel était venu lui-même à Berlin pour en conférer. Mais ces deux cours montraient à l'égard de cette proposition une froideur extrême. La Saxe, la plus honnête des puissances allemandes, avait de la Prusse une défiance instinctive, et si elle s'était résolue à se confédérer de nouveau, elle aurait bien plutôt penché en faveur de l'Autriche, qui n'avait jamais envié ses États, qu'en faveur de la Prusse, qui, les enveloppant, de toute part, les convoitait visiblement. Elle n'était donc pas disposée à ce qu'on lui demandait, et subordonnait sa conduite à celle des autres puissances du nord de l'Allemagne. La Hesse, mécontente de la Prusse, qui en 1803 avait fait donner le pays de Fulde à la maison de Nassau-Orange, mécontente de la France, qui lui avait refusé de la comprendre, en l'agrandissant, dans la Confédération du Rhin, trompant d'ailleurs tous ceux avec lesquels elle traitait, ne voulait pas opter pour la Prusse plutôt que pour la France, car le péril lui semblait égal. Faux récit de la cour de Hesse qui prétend que la France l'a empêchée d'entrer dans la confédération du Nord. Pour s'excuser envers la Prusse, à qui elle devait un dévouement au moins apparent, elle avait inventé un odieux mensonge, et prétendu que la France lui avait fait sous main les plus grandes menaces, si elle adhérait à la confédération du Nord. Il n'en était rien; les dépêches les plus secrètes du gouvernement français[19] prescrivaient au contraire de n'opposer aucun obstacle à la formation de cette confédération, de se taire à ce sujet, et, si on était consulté, de déclarer que la France la verrait sans déplaisir. Il n'y avait que les villes anséatiques à qui la France avait voulu interdire cette accession, par des raisons purement commerciales; et elle ne s'en était pas cachée.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings