Note 201 — LIVRE XIV.
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Σαβαθὰ. Ammien Marcellin ne le nomme pas, il se contente de dire l. 24, c. 5, que c'était un château haut et fortifié, celsum castellum et munitissimum. C'est Zosime, l. 3, c. 23, qui nous apprend son nom. Pline (lib. 6, cap. 26) le met dans la Sittacène, région limitrophe du Tigre, non loin des lieux où se trouvaient Séleucie et Ctésiphon. Cette indication est conforme à celle qui est donnée par Zosime. Des notions aussi claires ont cependant embarrassé les modernes; ils n'ont osé admettre l'identité de la Sabata de Pline, avec la Sabatha de Zosime, et ils ont négligé de les placer sur leurs cartes. Il faut que les géographes orientaux viennent confirmer, par leur témoignage, des renseignements déja si clairs. Je ne citerai ici que le seul Abou'lfeda, il me suffira pour l'objet que je me propose en ce moment. Cet écrivain nous apprend donc qu'il existait auprès de Madaïn, ancienne capitale de la Perse, c'est-à-dire de Ctésiphon, Séleucie et Coche, une ville appelée Sabath, et qui devait à la proximité où elle se trouvait de la résidence royale des Sassanides, le surnom de Madaïn. On la nommait donc Sabath de Madaïn, voyez la traduction d'Abou'lfeda par Reiske, insérée dans le Magasin Géographique de Busching, en allemand, t. 4, p. 253. On voit par les Annales du même auteur que la ville de Sabath existait encore en l'an 636 de notre ère, lorsque les Arabes vinrent mettre le siége devant Madaïn; ils campèrent même auprès de cette place, et le récit de cet auteur prouve qu'elle était située sur les bords d'un bras dérivé de l'Euphrate, appelé dans le langage perso-arabe, usité alors dans cette région, Nahar-schir ou le fleuve royal. Voyez Abou'lfeda Annal. Mosl. t. 1, p. 233. La géographie d'Abou'lfeda nous apprend encore une circonstance, propre à éclaircir les notions géographiques transmises par les Anciens sur la Babylonie. Cet auteur rapporte que les Persans appelaient Balaschabad (la ville de Balasch) la ville de Sabath. Sabatha serait donc alors le lieu nommé par les anciens Vologesia, Vologesias et Vologesocerta, c'est-à-dire, la ville de Vologèse. Cette ville que d'Anville et les géographes modernes ont placée dans le désert d'Arabie, fort loin de l'Euphrate à l'occident, était cependant sur ce fleuve ou plutôt sur un de ses bras, selon Ptolémée et Étienne de Byzance, sur le Nahar-schir ou le fleuve royal, appelé Marsares ou plutôt Narsares par Ptolémée (l. 5, c. 20). Ils sont donc d'accord avec les géographes arabes. Pline fait voir (l. 5, c. 26) que cette ville n'était pas éloignée de Ctésiphon; car aussitôt après avoir parlé de cette dernière, il ajoute: Vologesus rex aliud oppidum Vologesocertam in vicino condidit. Sabatha était le nom syrien et arabe, et Vologesia, ou Vologesocerta, ou Balaschabad, les noms persans ou grecs d'une même localité. Je suis entré dans de plus grands détails à ce sujet dans mon Histoire de Palmyre, actuellement sous presse, en expliquant une inscription où il est question de Vologesias comme d'un lieu de commerce sur l'Euphrate.—S.-M.